Rebecca, manoir anglais et jalousie tragique

Rebecca, écrit par Daphne du Maurier et paru en 1938, est considéré comme un classique de la littérature anglaise et faisait partie de ma liste des 100 livres à lire dans sa vie.

Il m’avait aussi été recommandé par Léa Herbreteau comme remède après plusieurs lectures décevantes, ce qui m’a donné envie de m’y plonger très vite.

Wikipedia le présente comme un roman policier, ce qui n’est pertinent que pour le dernier tiers. Le roman a fait l’objet d’une adaptation par Hitchcock.


De quoi ça parle ?

La narratrice, qui reste anonyme, est une jeune fille qui travaille comme demoiselle de compagnie auprès de Mme Van Hopper, une femme aussi mondaine que grossière. Alors qu’elles résident dans un hôtel de Monte-Carlo, elles rencontrent Maximilien de Winter, un homme récemment devenu veuf et propriétaire d’une magnifique demeure en Angleterre, Pemberley Manderley.

La narratrice se lie d’amitié avec lui, puis en tombe amoureuse, et Maxim lui propose de l’épouser.

Ils retournent ensemble à Manderley. Mais la narratrice découvre alors que la demeure, le personnel et tout le voisinage sont encore en plein deuil de la précédente et regrettée Mrs de Winter, Rebecca, morte noyée dans des circonstances tragiques. Rebecca était belle, Rebecca était spirituelle, élégante, adorable, sportive, intelligente, pleine de charme autant que d’autorité, tout ce que la narratrice, jeune mariée inexpérimentée, n’est pas. 

L’omniprésence du fantôme de Rebecca devient de plus en plus oppressante tout au long du roman. Seul Maxim de Winter se refuse à évoquer son souvenir…

Impression générale

J’ai beaucoup apprécié cette lecture et je me demande comment je n’en avais pas plus entendu parler auparavant !

Pendant la majeure partie du roman, j’ai eu l’impression de lire Downton Abbey, ce qui n’était pas pour me déplaire. Les mœurs aussi courtoises que rigides, les grandes maisons anglaises avec leur armée de domestiques, les réceptions, les parcs de plusieurs hectares…

Petit à petit, une ambiance Jane Eyre s’est installée aussi, d’abord avec cette relation entre une jeune femme modeste et un riche propriétaire du double de son âge. Mais aussi, bien sûr, avec cette figure de « l’autre femme » qui empoisonne l’histoire d’amour du nouveau couple.

Et comme dans Jane Eyre, la perception que le lecteur peut avoir de cette autre femme est ambivalente.

Si on se range du côté de l’héroïne, comme la narration nous pousse à le faire, on considère Rebecca/Mrs Rochester (ou du moins son souvenir) comme une intruse qu’il faudrait éliminer pour laisser les tourtereaux vivre en paix. Mais si on creuse davantage, on peut penser que c’est plutôt la narratrice qui est de trop. Et surtout, que l’époux est bien prompt à éloigner sa première femme encombrante pour convoler avec une jolie jeune fille plus à son goût.

La fin du roman confirme ce sentiment de malaise. Les défauts de la narratrice, qui pouvaient passer jusque-là pour des maladresses attachantes, se dévoilent dans tout ce qu’ils ont de dérangeant : son imagination galopante, sa jalousie maladive, son adoration aveugle envers son mari.

Ce que j’ai préféré

  • La narratrice est constamment en train de rêvasser (même si le concept de daydream mériterait ici une meilleure traduction), de s’imaginer des événements passés, présents ou futurs. Je fais ça tout le temps moi-même, ce qui m’a beaucoup aidée à m’identifier au personnage (à mes risques et périls, d’ailleurs)
  • La psychologie des personnages, travaillée avec beaucoup de finesse
  • Les révélations de la fin, qui donnent envie de relire tout le roman à cette nouvelle lumière

Ce que j’ai moins aimé

  • Ce n’est pas quelque chose qui m’a dérangée, mais si vous cherchez un roman purement policier avec une enquête haletante et des rebondissements tout du long, ce n’est sans doute pas pour vous
  • Non, vraiment, je n’ai rien trouvé d’autre à reprocher à Rebecca !

Note finale

4,5/5

Grille d'évaluation : 4,5/5

Je suis ravie d’avoir découvert ce roman et je comprends la place qu’il tient parmi les classiques. Je pense que j’aurai plaisir à le relire en connaissant la véritable histoire qui se cache sous les apparences.Rebecca

4 commentaires sur “Rebecca, manoir anglais et jalousie tragique

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