Conseils d’écriture inspirés de Jo March

À Noël j’ai (encore) revu Les Quatre filles du Docteur March dans sa version de 1994, j’ai (encore) pleuré comme une madeleine et j’ai (encore) complètement rêvé devant les vies de Meg, Jo, Beth et Amy.

Beaucoup d’autrices (et peut-être d’auteurs) s’identifient à Jo March, cette écrivaine impulsive et débordante d’imagination. Mon caractère est trop différent du sien, je suis plus réservée et plus disciplinée (#teamMeg), mais ça ne m’empêche pas de me retrouver à 100% dans toutes les scènes où Jo écrit.

Si Jo March avait tenu un blog d’écriture en 2020, elle aurait sans doute eu quelques conseils à nous donner. En tout cas, je suis assez contente de placer cette année sous son patronage.

Conseils d'écriture inspirés de Jo March


Écrire assidûment

Dès la première scène, Jo veille jusque tard dans la nuit pour écrire alors que c’est le soir de Noël. 

J’arrête tout de suite ceux qui s’inquiètent : assidûment ne veut pas forcément dire « tous les jours », inutile de se mettre la rate au court-bouillon sur le sujet. Il est parfaitement normal, quand on a une vie déjà bien remplie, de peiner à trouver du temps pour écrire même si on aime ça. Et certains auteurs préfèrent écrire pendant de longues plages horaires le week-end ou en vacances plutôt que quelques petites minutes chaque jour.

Mais je pense qu’une certaine régularité est bénéfique à la plupart des auteurs. Ecrire un roman est un travail long et complexe qui peut demander des centaines d’heures. Vous mettre régulièrement à l’ouvrage vous permettra de terminer votre histoire avant vos 90 ans.

De plus, le fait d’écrire de façon quotidienne ou hebdomadaire vous permet de rester plongé dans votre histoire. Vous avez moins de mal à commencer chaque session d’écriture car le souvenir de ce que vous avez fait précédemment est encore frais, ainsi que de la direction que vous visez.

À l’époque où je travaillais sur mon projet Féérie, je me replongeais dans ma montagne de notes une fois par mois (voire moins) et je mettais 5 heures à tout relire. J’étais toujours ravie de redécouvrir cette histoire, mais je n’avais ensuite plus d’énergie pour écrire. Et je repoussais la séance suivante à un moment où j’aurais de nouveau 5 heures de libre devant moi.
Résultat : j’ai finalement abandonné ce projet. Je ne dis que ce sera forcément le sort de votre manuscrit, mais sachez que c’est un risque.

Des tas de livres et de blogs proposent des idées pour s’organiser de façon à caser l’écriture dans son emploi du temps. Essayez-les et voyez ce qui fonctionne pour vous !


Sauvegarder ses écrits

On ne sait jamais, vous n’êtes pas à l’abri d’énerver quelqu’un qui voudrait se venger de vous en jetant votre manuscrit au feu, comme le fait Amy, la petite sœur de Jo. Ou, dans une version plus moderne, en faisant griller votre disque dur.

Je ne sais pas s’il y a quelque chose de plus affreux et frustrant pour un écrivain que de perdre son texte après y avoir consacré de longues heures. Aujourd’hui, il est très facile de sauvegarder son texte à partir du moment où  il est rédigé sur ordinateur : vous pouvez vous l’envoyer par email, l’enregistrer sur un service de stockage en ligne comme Dropbox, OneDrive ou iCloud, écrire directement sur une plateforme comme Scribbook qui enregistre votre progression au fur et à mesure, etc.

Épargnez-vous les crises d’angoisse : sauvegardez vos écrits.


Faire lire ses textes

Jo raconte ses histoires à ses sœurs, qui sont généralement bon public, mais aussi à son cher professeur Bhaer qui est plus critique. Les objections de ce dernier sont d’abord un crève-cœur pour Jo mais, au final, elles agissent comme un déclic qui lui permet d’écrire un chef-d’œuvre.

 

À qui faire lire son manuscrit ?

L’exemple de Jo montre deux types de partages intéressants : auprès d’une communauté bienveillante pour être encouragé et auprès d’un œil plus acéré pour donner le meilleur de soi-même.

Je pense que les deux ont leur intérêt. L’un permet de renforcer votre motivation et de vous réconforter dans les périodes de doute ou de perfectionnisme exacerbé. L’autre, à l’inverse, vous ramène les pieds sur terre quand vos chevilles enflent un peu et vous montre la qualité que vous pourriez atteindre en y mettant plus d’efforts. Après tout, chaque écrivain a tendance à faire les montagnes russes entre se prendre pour un génie et un total imposteur 😉

 

Quand peut-on faire lire son texte ?

Il est possible de partager ses écrits à n’importe quel stade de leur rédaction. On pense souvent aux bêta-lecteurs, et l’utilité de faire appel une fois son manuscrit terminé est largement admise (si vous ne savez pas ce que c’est, je vous renvoie à cet article).

J’entends aussi de plus en plus parler des alpha-lecteurs et autres critique partners. En bref : des personnes avec qui vous échangez sur vos idées ou votre plan avant de fignoler chaque phrase et qui vous permettent de rectifier le tir (je vous renvoie à la vidéo de Jeann Moreci pour plus de détails). Personnellement, c’est une approche que je regrette de ne pas avoir tentée jusqu’à présent.

L’important – et le plus difficile – est de savoir discerner la valeur des avis reçus et de prendre du recul sur ses écrits pour retenir les bons enseignements. Faut-il suivre toutes les remarques qu’on vous fait ? Ou bien les rejeter parce qu’on est sûr de soi ?

L’équilibre se situe entre les deux et va dépendre de chaque auteur, chaque texte, chaque bêta-lecteur (et vous voilà bien avancés avec cette réponse de Normande ^^). Ayez conscience de vos points forts et de vos points faibles : de façon générale, recevez-vous plutôt des critiques sur vos personnages, sur votre style, sur la structure de vos histoires ? Si on fait en général des compliments sur votre style et qu’un bêta-lecteur vous propose des reformulations qui vous paraissent alambiquées, vous pouvez sans doute défendre votre point de vue. En revanche, si vous avez comme moi tendance à créer des structures mal équilibrées, soyez attentifs aux personnes qui relèveront ces points.


Écrire sur ce qu’on connaît / ce qu’on aime

C’est à nouveau le professeur Bhaer qui adresse ce conseil à Jo, la poussant à raconter l’histoire de sa famille, qui lui tient à cœur, plutôt que les histoires de fées et de vampires que recherchent les magazines.

Ce qu’on aime n’est pas forcément ce qu’on connaît par cœur et rien ne vous oblige à restreindre vos récits à votre vie quotidienne ou à vos histoires de famille – heureusement. Ce n’est même pas non plus forcément ce qui existe – tout le genre SFFF est bien là pour le prouver !

Mais je vous déconseille en effet de vous forcer à écrire dans un genre ou un style qui ne vous est pas naturel sous le seul prétexte que « ça se vend ». Vous risquez de vous ennuyer et de ne pas prendre plaisir à l’écriture. Comme il s’agit d’un travail de longue haleine, qui peut devenir éprouvant même quand on adore son histoire, je n’ose imaginer le calvaire que ça pourrait devenir si on s’oblige à écrire sans s’intéresser à ce qu’on raconte.

Enfin, si vous n’êtes pas vous-même passionné par votre roman, il y a de fortes chances que vos lecteurs ne soient pas convaincus non plus.


Voilà pour les conseils que Miss March aurait peut-être pu nous donner ! Aviez-vous pensé à d’autres ?

5 commentaires sur “Conseils d’écriture inspirés de Jo March

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  1. Super article, très intéressant (je te remercie au passage pour le lien vers le mien !) !
    Je n’ai vu ni la version de 1994 ni la version moderne, honte à moi. Je me note de rectifier le tir dès que possible !

    Aimé par 1 personne

  2. J’aime beaucoup cet article et il me donne encore plus envie de voir l’un (ou les deux) de ces films ! Eh oui je n’ai toujours pas vu cette histoire au cinéma mais … il me tarde 🙂 Très bonne idée cet article ! Si Jo tenait un blog aujourd’hui …. ❤

    Aimé par 1 personne

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