Ecriture : Comment trouver le sujet de son roman ?

Comment trouver des idées de romans et en choisir une ?

Cette question m’a été posée par « Avec Marianne », l’une des abonnées de mon compte Pinterest (pour me suivre, c’est ici).

J’avais évoqué dans un article de l’an dernier le fait que je complexais un peu de ne pas avoir, comme certains auteurs, l’esprit toujours bouillonnant de nouvelles idées d’intrigues et de personnages. Mais bien sûr, il m’arrive heureusement d’avoir tout de même des idées ! Sinon, il m’aurait été difficile d’écrire Le Page de l’Aurore et Météorites 😉

Alors, comment s’y prendre pour avoir de nouvelles idées ? Comment choisir les meilleures et, surtout, comment les assembler pour en faire un roman ? Je vais essayer de répondre à ces questions mais je serai aussi heureuse d’avoir vos points de vue en commentaire.

Comment trouver l'idée générale de son roman ?


Travailler sa créativité

Il y a pour moi deux sortes d’idées en matière d’écriture :

  • Les Grandes idées, celles qui sont le fondement d’une histoire (par exemple : et si un jeune orphelin découvrait sa nature de sorcier et partait étudier dans une école de magie ?)
  • Les idées du quotidien, celles qui nous aident tout simplement à orienter nos scènes et à mettre un mot devant l’autre tout au long de l’écriture d’un roman (par exemple : tiens, et si ma scène se déroulait dans un musée et que j’utilisais les tableaux pour exprimer la symbolique de l’histoire ?)

Le deuxième type d’idées est constamment indispensable. Elles viennent parfois toutes seules, d’autres fois plus difficilement (dans ces cas-là, j’ai tendance à laisser mon clavier de côté pour gribouiller sur mon cahier, le changement de support a souvent pour effet de réenclencher mon cerveau).

 

Mais c’est surtout des Grandes idées qu’il est question dans cet article. Comment trouver l’idée qui va être la source d’un nouveau roman ?

Dans les deux cas, la créativité (en tant que génération d’idées) est un muscle qui se travaille. Je pense que la plupart des auteurs qui ont fait l’expérience d’écrire de plus en plus régulièrement, voire tous les jours, se sont rendus compte que l’exercice devenait plus facile, que les idées venaient plus vite.

Depuis l’an dernier, j’ai fait des efforts pour développer ma créativité. Dans son livre Comme par magie, Elizabeth Gilbert insiste sur l’importance de traiter ses idées avec respect de peur qu’elles ne nous échappent et j’aime assez cette vision des choses. J’essaie de ne plus laisser passer la moindre idée, même si elle me paraît faiblarde sur le moment.

J’ai un bloc-note dans mon téléphone dans lequel je fais la liste de tout ce qui m’inspire. Ce qui comprend des choses aussi diverses que Babylone, les vitraux, les bâtiments Félix Pottin à Paris, le cousin de ma grand-mère qui était parfumeur chez Dior, l’arrivée des colons français au Canada, un monde où les prélèvements sociaux seraient versés non en argent mais en magie, mon gros fauteuil, et quelques vagues souvenirs qui me restent de mes rêves. Il y a de tout et n’importe quoi et la plupart de ces idées ne seront sans doute jamais utilisées. Mais mine de rien, au cours de l’année cette liste s’est pas mal enrichie et je suis rassurée d’avoir un fonds dans lequel puiser.

J’ai aussi fait un exercice intéressant lorsque j’ai lu le fameux Anatomie du Scénario, de John Truby. Il propose d’y écrire une liste de souhaits de tout ce qu’on aimerait voir au cinéma ou lire dans un livre, qu’il s’agisse de thèmes, de décors, de personnages, etc. Cette approche a un avantage : on ne se demande pas quelles histoires on voudrait écrire (une question qui pourrait conduire à pas mal d’auto-censure), mais lesquelles nous plairaient en tant que spectateur. Après tout, si on écrit c’est bien pour passionner et/ou divertir un lecteur au final. Dans cette logique-là, j’avais aussi essayé d’identifier les choses que j’admire dans les romans que je lis.

Bref, avec tout ça je commence à être assez armée ! Le plus difficile va être de voir comment associer tous ces éléments entre eux pour construire des intrigues.

Quand j’aurai terminé le gros du travail sur les deux tomes de Météorites, je compte me replonger dans ces listes pour m’essayer à l’exercice d’écrire des nouvelles. Je pense que c’est un bon entraînement pour construire des histoires qui ne se perdent pas dans des décors trop vastes ou des galeries de personnages interminables, mais où la structure de l’intrigue est beaucoup plus exposée et doit donc être bien plus solide.


Les inspirations dont sont nés mes romans

Les histoires sur lesquelles je travaille (ou compte travailler prochainement) ont toutes des sources d’inspiration particulières.

  • L’univers du Page de l’Aurore et la relation particulière entre mon héros Cœur et le Roi d’Or viennent de la saga Fortune de France, de Robert Merle (comme j’en parlais dans cet article)
  • Météorites est partie du mélange de deux obsessions : les dandys et les astéroïdes qui menacent de frapper la Terre, notamment Apophis (d’ailleurs à la base le nom de code de ce roman était Apophyse, c’était même le prénom originel de mon héroïne)
  • Fééries, que j’ai hélas abandonné, était venu d’un coup de foudre pour cette magnifique image de Sandrine Gestin
  • Mon projet sur les 7 merveilles du monde antique repose sur mon vieil intérêt pour la ville de Babylone et les mystérieux Jardins Suspendus, et le fait que je ne comprends pas comment une ville aussi puissante a pu disparaître presque intégralement. Au-delà de ça, j’ai eu cette année l’occasion de visiter quelques ruines antiques en Méditerranée, ce qui m’a donné envie de me pencher sur l’ensemble des 7 Merveilles
  • Enfin, un récent magazine sur « Quand l’Amérique était française » m’a fait découvrir l’Histoire de la Nouvelle-France et je l’ai trouvée absolument passionnante. En particulier l’anecdote des « Filles du Roi », des orphelines expédiées par centaines dans un pays où les femmes étaient trop rares, pour s’y marier et contribuer à la colonisation du territoire !

Comme vous le voyez, mes idées proviennent généralement d’éléments de décor plutôt que d’intrigues. Et c’est ce qui fait que, jusqu’à présent, j’ai toujours eu beaucoup de travail à faire pour donner de la cohérence et du dynamisme à des histoires qui n’en avaient pas forcément au départ.

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Construire son roman autour du thème

Lire L’Anatomie du scénario est très utile quand on souhaite se lancer dans une histoire, car il aide justement à en construire une qui soit cohérente et réfléchie de bout en bout.

Son idée principale, c’est de partir du thème. Une question morale à laquelle plusieurs réponses sont possibles et sur laquelle l’auteur va proposer une réflexion, en utilisant les différents personnages, le décor, les symboles voire l’intrigue elle-même pour opposer les différents points de vue. Cette question morale guide le personnage principal à travers le développement de son arc narratif. Les décisions qu’il va prendre vont l’amener à répondre à cette question d’une façon ou d’une autre. Et le fait que l’histoire finisse bien ou mal dira s’il avait raison de faire ces choix.

Si on prend par exemple Le Roi Lion, le dilemme que Simba doit résoudre c’est de choisir entre une vie peinarde, sans souci ni responsabilité, et la difficulté d’affronter Scar (et sa propre culpabilité) pour rétablir l’ordre et la prospérité dans la terre des lions. La liberté ou le devoir. La lâcheté ou l’honneur. D’un côté, on a Hakuna Matata, Timon et Pumba et la merveilleuse oasis dans laquelle ils vivent, les limaces un peu gluantes mais appétissantes. De l’autre, on a Nala qui se met en tête de réveiller le sens du devoir de Simba, Rafiki qui l’incite à se montrer à la hauteur de son père, la terre des lions devenue aride et dominée par les hyènes, etc.

Je pense que cette façon de construire une histoire permet d’éviter l’écueil dans lequel je suis tombée avec mon vieux roman Fééries. J’ai un bel univers de fantasy médiévale, des tas de personnages, des cartes, des anecdotes, une religion… Mais pas vraiment d’intrigue pour faire avancer tout ça. Mes personnages n’ont pas de faiblesse particulière, pas de doutes, pas vraiment de choix à faire. Et sans choix, sans décision, on ne fait pas progresser un arc narratif.


En résumé, les sources d’inspiration peuvent se trouver n’importe où et c’est important de noter tout ce qui nous fait vibrer, sans jugement, pour avoir plus tard une réserve d’idées à disposition. Mais pour réussir ensuite à les lier ensemble et à leur donner vie, il faut trouver quelle sera la question principale à résoudre et quels choix le personnage fera pour y répondre.

En tout cas, c’est la façon dont j’aimerais fonctionner pour construire mes futures histoires. Si vous avez une autre approche, je serais curieuse de la connaître 🙂
Et si vous aussi vous souhaitez me poser une question sur mon processus d’écriture, n’hésitez pas !

Crédits image : Kelly Sikkema on Unsplash

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