Publication : attendre la sortie de son propre roman

Que se passe-t-il une fois que son manuscrit a été accepté par un éditeur et qu’on attend la sortie du roman qu’on a écrit ?

Quand on parle d’écrire et de publier un roman, on évoque souvent tout ce à quoi l’auteur doit faire attention pour écrire et peaufiner son roman, pour ensuite attirer l’attention d’une maison d’édition. On parle aussi, naturellement, de tout le travail de promotion à faire une fois que le roman est sorti : les salons, les dédicaces, la mise en avant sur les réseaux sociaux, etc.

Mais on parle plus rarement de ce qui intervient entre les deux.

L’attente.

Publication : attendre la sortie de son propre roman

Mon roman est sorti depuis plus de six mois maintenant mais j’aimerais revenir sur une période que je n’ai pas trouvée très agréable.


Lâcher prise sur son roman

Je vous avais parlé dans un précédent article de la notion de « faire le deuil » du roman qu’on a écrit, en vous disant que je n’avais pas vraiment ressenti ce déchirement au moment de poser le point final pour mon roman Le Page de l’Aurore. Mais en y rependant, je pense que la difficulté qu’il y a à terminer un roman vient, précisément, du fait que l’histoire du livre n’est pas terminée. L’aventure continue, sauf que pendant toute une période on n’en fait plus partie.

C’est très étrange de perdre le contrôle sur le calendrier de son roman. On a passé tellement longtemps le nez dedans, tous les jours, à retourner chaque scène dans tous les sens, à tout relire cinq cents fois avec l’angoisse de ne pas arriver à le polir suffisamment, à répondre d’un ton faussement calme aux amis qui nous demandent si on a bien avancé… Et puis soudain, ça y est, c’est envoyé. Notre rôle est terminé.

Le texte est parti dans une sorte de boîte noire, ou plutôt de boîte grise. On a une vague idée de ce qui lui arrive, mais pas les détails. On connaît les grandes étapes : corrections éditoriales, grammaticales, orthographiques, typographiques ; mise en page ; création de la couverture et de la maquette ; préparation du plan de communication ; signature du contrat (si ça n’était pas déjà fait) ; identification d’un imprimeur, etc.

Mais on ne suit pas tout ce processus en temps réel. L’éditeur n’a pas le temps de nous tenir informé de tout ce qu’il se passe, ce qui est normal. Même si j’ai une éditrice très sympa, qui m’a donné autant de nouvelles que possible et a sollicité mon avis sur de nombreux sujets (notamment la couverture), il y a eu des périodes de plusieurs semaines sans informations. Ce n’est pas évident de devenir brusquement aveugle (ou au moins très myope) sur un projet qu’on a suivi d’aussi près, et qui soudain n’est plus seulement le nôtre.

Que ce soit chercher du travail, guetter la réponse d’un éditeur ou patienter avant la sortie de son livre, c’est toujours assez frustrant d’attendre quelque chose sans savoir si ça viendra dans une semaine, un mois ou un an.


Attendre la sortie

« Et alors, il sort quand ton roman ? »

Je ne sais pas.

Je ne suis pas du tout à l’aise dans les environnements incertains : en bonne ISFJ, j’aime les situations bien prévues, les dates fixées dans le calendrier, et je suis perdue quand le planning est bousculé. Scoop du jour : quand vous publiez un livre, le planning a de bonnes chances d’être bousculé ^^ Surtout quand c’est le premier livre que publie une maison d’édition toute neuve. Forcément, il y a des imprévus, des choses qui prennent plus de temps que ce qu’on pensait, des prestataires débordés par la période des fêtes, etc.

En ce qui concerne la sortie du Page de l’Aurore, j’ai envoyé le manuscrit à mon éditrice fin juillet et on s’était d’abord parlé d’une date de sortie fin octobre.

Old Nan avait tout compris, elle (Game of Thrones)

Puis fin novembre.

Puis j’ai rassuré les gens qui se demandaient si le livre serait sorti pour Noël : évidemment !

Puis Noël est passé.

Au début de l’année suivante, quand j’ai compris que la cause de ces retards avait des ressorts plus sérieux que je le pensais, j’ai accepté l’idée que le processus prendrait encore plusieurs mois – « peut-être qu’il sortira en juin ! » me disais-je en riant à moitié.

Au final, j’y étais presque puisque la publication s’est faite en mai.

Et ce qui a été difficile pour moi dans ces moments-là, c’était de ne pas gérer le travail moi-même et de faire confiance à d’autres pour le faire à ma place. Parce que j’aime bien ce genre de projets, en plus : créer ce blog, puis plus récemment mettre en place ma newsletter, ça ressemblait un peu à la production d’un livre. On commence par observer comment font les autres, se renseigner, faire des recherches. Et puis l’idée vient, elle grandit jusqu’à devenir une évidence, un truc génial qui nous met des étoiles dans les yeux et nous donne envie de rester debout toute la nuit pour y travailler. On s’y colle, on apprivoise les outils, on structure, on prépare les contenus, on trouve une identité et un message à faire passer.

Et enfin, quand tout est prêt, il suffit de quelques clics pour se révéler au public et entamer l’aventure. Car ce n’est que le début : au-delà de l’alimentation des contenus, il y a tout le travail d’amélioration, de promotion, d’échange avec la communauté… On maîtrise tout le processus, on prend toutes les décisions, on je scrute les statistiques tous les jours.


Le jour de la sortie

Un autre élément que je n’ai pas pu maîtriser, ça a été la préparation du jour de la sortie en lui-même. J’avais trouvé des conseils sur plusieurs blogs qui expliquaient comment tout préparer plusieurs mois à l’avance.

Contacter des blogueurs pour leur proposer des services presse en exclusivité et recevoir des critiques avant même le logement, programmer des emails de teasing et des publications sur les réseaux sociaux un ou deux mois avant la sortie pour faire monter la pression, organiser un concours, concevoir des marque-pages et des goodies, etc. Certains allaient même jusqu’à choisir une date de sortie assortie à l’ambiance de leur roman, par exemple Noël pour une histoire feel-good ou Halloween pour de l’horreur.

Sauf qu’au final, tout ça a été un peu plus précipité que prévu puisque que j’ai appris la date de sortie de mon livre un peu moins de deux semaines avant le jour J ^^ Il faut dire que l’attente ayant déjà été bien longue, ma maison d’édition n’a pas voulu la prolonger. J’ai donc passé quelques jours un peu fous pour faire passer le message partout où je le pouvais et préparer tout ce qu’il fallait. Au moins, ça m’a permis de me concentrer sur l’essentiel.


Bien sûr, une partie de ce que je vous raconte est lié au fait que je travaille avec une petite maison d’édition qui se débrouille avec les moyens qu’elle a (pour en savoir plus, je vous renvoie à l’article « Mon expérience dans une petite maison d’édition » que j’ai écrit pour le blog Fourmiztory). Néanmoins, certaines choses sont valables pour tous les auteurs qui sont publiés par une maison d’édition. Si c’est votre cas, vous êtes donc prévenus !

Mais sachez aussi que tous les auteurs ne sont pas aussi dérangés que moi par le fait d’abandonner le contrôle de leur livre (heureusement). Certains sont très heureux de laisser d’autres personnes gérer tout ce travail à leur place.

Vous avez déjà été publiés ? Comment avez-vous vécu cette période ?

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Crédits image : Kai Pilger on Unsplash

7 commentaires sur “Publication : attendre la sortie de son propre roman

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    1. Oh, tu as connu ça aussi ?
      C’est vrai que se lancer dans un autre projet est le meilleur moyen de patienter soi-même, c’est ce que j’ai fait aussi… Ce qui était plus difficile, c’était d’expliquer aux autres pourquoi l’attente était si longue !

      J'aime

      1. Oui, avec plusieurs ME. 🙂
        Maintenant, mes proches savent que ça prend du temps, et, si j’annonce une signature de contrat sur mon blog, je n’en parle plus par la suite, jusqu’à ce que je puisse dévoiler la couverture.

        Aimé par 1 personne

  1. Coucou ! Ton article est intéressant 😊

    Je suis en auto-édition et mon roman sort le 29.11. Du coup, je suis dans la phase de promotion depuis hier où j’ai lancé l’ouverture des pré-commandes. Les marques pages et prospectus sont prêts. Les services presse sont partis et j’attends avec peur et excitation les premiers retours. C’est une période vraiment bizarre. Tout est ok, j’ai mon plan avec une organisation sur 2 semaines sur les réseaux sociaux où je vais partager un trailer, des extraits et organiser des concours, etc. Je suis très contente, car j’adore dévoiler tout ça au compte goutte et tout gérer moi de A à Z, mais je me réjouis aussi d’être le 29 que le livre soit vraiment disponible haha, puis surtout d’en avoir en stock chez moi (Suisse).

    Quelle aventure de fou 😍

    Aimé par 1 personne

    1. C’est génial !! Tu dois être tellement impatiente 😀 Ton roman parle de quoi ?
      Effectivement ça doit être vraiment génial de pouvoir tout préparer exactement comme tu en as envie. Bon courage !

      Aimé par 1 personne

      1. Merci 😊 c’est une romance d’action. Tu peux découvrir le résumé et la cover sur mon dernier article ☺️

        Merci 😃 le plus dur est fait donc là je souffle et suis contente haha.

        Aimé par 1 personne

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