Interview : Yseult Gouachon, éditrice

Qui sont les éditeurs et que font-ils de leurs journées ?

C’est le retour des interrogatoires ! Aujourd’hui, je réalise une interview qui me tient particulièrement à cœur : celle de mon éditrice, Yseult Gouachon, de la maison Sylphe Rouge (ça fait très Game of Thrones de présenter quelqu’un comme ça).

J’ai personnellement le sentiment que les éditeurs sont, de façon générale, des gens assez discrets par rapport au grand public (sauf exceptions, comme Julien Simon). En tout cas, en tant qu’autrice, j’ai très rarement eu l’occasion d’échanger directement avec des éditeurs, d’avoir leur avis sur le secteur littéraire, leurs conseils aux auteurs, etc. Comme je trouve ça un peu dommage, j’ai décidé de donner la parole à mon éditrice préférée 😉Couverture - Le Page de l'Aurore, d'Astrid Stérin

 

 

Yseult, que j’ai le plaisir de connaître depuis maintenant 2 ans, a réalisé un formidable travail d’accompagnement éditorial sur le Page de l’Aurore. Et ses talents ne s’arrêtent pas là, puisque c’est aussi elle qui en a réalisé la couverture !

 

 

Interview d'Yseult Gouachon, éditrice chez Sylphe Rouge


1. Commençons par une petite présentation : quel âge as-tu et d’où viens-tu ?

J’ai 23 ans et je viens d’une petite ferme d’Occitanie, pas loin de Toulouse.

 

2. Quel est ton livre préféré ?

C’est une question piège ! Je citerais volontiers les diverses œuvres de Tolkien ou de Robin Hobb, qui font indéniablement parties de mon panthéon des indétrônables, mais je vais plutôt laisser la place à deux mentions spéciales :

– La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio. Rarement je me suis pris une telle claque littéraire, capable de renverser à ce point mes acquis sur l’appropriation du langage à chacun de ses paliers, de l’étymologie des mots aux symboles qui composent notre compréhension écrite.

– De Capes et de Crocs, d’Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou. Ce n’est pas un roman mais une série de BD, qui déborde d’un profond amour pour la littérature classique, le théâtre et la poésie ; en les relisant pour la dixième fois, il y a des références que je découvre encore. C’est superbement dessiné, avec un visuel foisonnant et théâtral chaque case, diablement bien écrit -des combats de rimes ! – et sacrément drôle.

Je pense que le point commun de ses deux œuvres, au-delà de leur qualité certaine, c’est quand les lisant et les relisant, j’ai reçu une vraie leçon d’humilité. En tant qu’auteure, et par ce biais en tant qu’éditrice.

 

3. Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler dans l’édition ?

Je dirais : le fait que je rêve d’être écrivain depuis mes douze ans, les ateliers d’écriture, et l’insatisfaction que j’éprouvais face à la fantasy « jeunesse » imposée par les modes. Ce n’est pas tant que cette fantasy était mauvaise, elle avait ses perles, que l’essentiel de ce qu’on y trouvait manquait de personnalité et d’aboutissement. C’est comme le cinéma, l’impression de revoir encore et toujours la même chose au point d’en faire une grille de bingo.
À l’époque je ne pensais qu’en tant qu’auteure, mais j’avais envie de faire quelque chose de différent. Quelque chose qui avait une identité propre et qu’on ne lirait pas en disant « j’ai déjà vu ça ailleurs. »

 

4. Et quel a été ton parcours (études, formations…) pour y parvenir ?

Autant le dire tout de suite, mon parcours n’est pas du tout représentatif. Je n’ai pas fait d’études, conséquences d’une scolarité difficile, et me suis tournée vers le service civique, qui m’a énormément aidée à évoluer et repenser à la hausse mes choix d’avenir. En parallèle, j’ai suivi pendant plusieurs années les ateliers d’écriture du Prix du Jeune Ecrivain. J’y ai aiguisé ma plume, mon œil et mon esprit critique, prenant l’habitude de commenter les textes qu’on m’envoyait. D’ailleurs, lors de mon service, j’ai monté mes propres ateliers d’écriture pour jeunes en mal-être scolaire, désireuse de partager l’expérience extraordinaire que j’avais connue.
Je ne dirais pas que ça a été un grand succès, mais en tout cas ça a été une sacrée expérience !

Toujours dans le cadre de mon service civique, j’ai fait l’accueil du stand de l’entrepreneuriat social au Salon des entrepreneurs, et c’est là que j’ai rencontré Cécile, ma collègue. Elle commençait tout juste à vouloir monter une maison d’édition, et est venue chercher l’inspiration sur notre stand. Elle voulait que la future maison organise des ateliers d’écriture, la suite vous la devinez.
D’abord, on a échangé régulièrement, puis elle m’a proposé de faire partie prenante du projet et d’avoir ma propre collection de livre. Très motivée mais n’ayant pas envie d’être à la ramasse, j’ai fait l’année suivante une formation en édition numérique, avec formation édition tout court express. J’ai ainsi pu combler une partie de mes lacunes, le reste, ça s’est fait sur le terrain.
Et aujourd’hui, me voilà !

 

5. Tu as également tes propres projets d’écriture. Peux-tu en dire quelques mots ?

Et bien dans les grosses lignes, j’ai trois projets qui me tiennent très à cœur et que j’alterne au gré de l’inspiration : un roman, un recueil de nouvelles et une pièce de théâtre. Bien que passionnée de fantasy pure et dure depuis que j’ai l’âge de me battre avec des dragons en plastique, je me plais plus à donner dans le « merveilleux », de jouer sur le ton du conte et du rythme poétique, de chercher la beauté du symbole dans ce que je construis. L’influence de Pierre Bottero, sûrement, pendant une grande partie de mon enfance !

 

6. On entend souvent que les gens lisent de moins en moins. Dans ce contexte, créer une nouvelle maison d’édition est un beau pari ! Qu’est-ce qui rend Sylphe Rouge différent des autres maisons ?

Le lien humain, je pense. On cherche le contact avec nos auteurs, avec nos lecteurs, avec tous les gens qui s’intéressent à nous. L’honnêteté et la transparence, c’est très important, surtout pour une maison toute jeune comme la nôtre. On a envie que les gens s’intéressent à notre travail, qu’ils posent des questions, qu’ils viennent nous voir. Pas juste pour nous faire remarquer, mais parce que rien n’est plus vrai qu’une rencontre qui peut tout changer.

Nos piliers, ce sont l’ouverture, l’échange et la confiance, entre nous, avec nos auteurs, avec les curieux, et jusqu’ici nous y avons été fidèles. Tout le monde a quelque chose à dire et à apporter, et je crois que peu à peu c’est ce qui permet de gagner une petite place dans le cœur des gens.

 

7. Peux-tu nous dire à quoi ressemblent tes journées ?

Hélas, exit l’élégante image de l’éditrice en tailleur, manuscrit imprimé et stylo plume à l’encre sepia qui souligne les erreurs d’un jeune auteur insouciant. Imaginez-moi plutôt en jogging, cernes de panda et tasse de café, les yeux sur mon écran toute la journée. En télétravail, pas de locaux oblige (c’est moins drôle que ça en a l’air).
Plus sérieusement, mes journées sont très variables selon les urgences du moment. Comme nous ne sommes que deux pour la plupart des choses à faire, ça n’est pas rare que je me retrouve à chambouler mon programme sur plusieurs jours. Aucun planning n’est fixe, il y a beaucoup d’improvisation, de rendez-vous programmés à la dernière minute et de nuits blanches.

Pour le contenu lui-même, le travail avec les auteurs ne représente qu’un tiers de mon emploi du temps à l’heure actuelle, le reste étant surtout consacré à la logistique (par exemple tenir à jour les stocks de livres et gérer les commandes), la gestion commune de la maison avec ma collègue (les questions de budget, la recherche de prestataires, la répartition des tâches, etc…), la supervision du site (mettre en ligne les livres, surveiller les commandes, réparer les problèmes techniques) et l’essentiel des besoins graphiques de la maison (bannières, marque-page, couvertures de ma collection). C’est assez général présenté comme ça, mais j’espère que ça peut donner une idée de mon travail dans son ensemble.

Sinon, à part vous dire que j’ai beaucoup trop de tableaux Excel et que la suite Adobe est une source d’exaspération permanente, dur d’élaborer plus sans aller dans les détails ennuyeux.

 

8. Quelle est la chose que tu préfères dans ton métier d’éditrice ?

Rencontrer de jeunes auteurs, sans hésiter. Aussi cliché que cela puisse paraître, ça n’en reste pas moins le cœur de mon métier et j’ai un vrai plaisir à échanger avec eux, discuter de leurs projets et les conseiller si c’est dans mes cordes. Quand bien même j’accepte très peu de manuscrits, je propose toujours aux auteurs qui m’en envoient de se rencontrer autour d’un café.

Le monde de l’édition peut sembler très hermétique, voir cruel et injuste, et quand on n’y connaît rien, ça fait peur. C’est donc très important pour moi de créer un lien humain et désacraliser un peu cette image qui colle à mon métier, mettre les gens à l’aise et répondre aux questions qu’ils n’osent pas toujours poser.

 

9. Quelle est celle que tu aimes le moins ? Et celle qui est la plus difficile ? (Ce n’est pas forcément la même chose 😉)

La plus difficile, je dirais que ce sont les critiques, les conseils et les remarques que l’on reçoit régulièrement. Le problème n’est pas leur pertinence ou leur bienveillance, loin de là, mais comme pour tout, c’est dur de voir ses compétences et des années de boulot mis à mal par quelques mots. Cette sensation que certains d’entre vous ont peut-être déjà traversé, que ceux qui n’ont pas connu nos circonstances ne peuvent pas appréhender les problèmes à notre échelle. Ce n’est pas vrai dans tous les cas, bien sûr, et je pense c’est souvent mon ego qui rechigne, surtout quand ça tape vrai.
Mais ça n’en est pas moins vrai non plus que si notre maison est classique dans sa ligne éditoriale, nous n’avons pas pour autant les ressources humaines, matérielles ou financières qui vont avec. C’est dur de faire comprendre, parfois, qu’on ne peut pas se permettre de tourner comme les boîtes plus grosses, qu’on ne peut pas fonctionner pareil. Ce qui est bénin pour eux, ça ne l’est généralement pas pour nous. Et devoir le justifier encore et encore, c’est épuisant.

Celles que j’aime le moins, voyons voir… La suite Adobe qui est aux fraises, très vrai mais un peu court. Décharger un camion de livres, aussi, aussi. Les jours de repos détruits par un mail urgent, que du bonheur. Les mises à jour du site qui plantent, un délice !
Non, je pense que ce que j’aime le moins, c’est de ne pas pouvoir me consacrer pleinement à mon travail d’éditrice parce que je dois m’occuper de tout le reste (il en va de même pour Cécile).
On n’a pas le choix, il n’y a que nous deux (sauf pour le site où nous avons la chance d’avoir une super webmaster qui supervise), mais on se retrouve à faire plusieurs métiers en plus du nôtre, pour lesquels nous ne sommes pas formées et où nous sommes obligées d’apprendre à la dure. C’est beaucoup de fatigue et beaucoup de pression, il faut être honnête. Mais je me console toujours en disant qu’au moins, ça en vaut la peine.

 

10. Peux-tu nous donner quelques informations sur les projets d’avenir de Sylphe Rouge ?

Comme projets d’avenir, continuer à publier des livres ! C’est un bon projet, je vous assure. Sinon, le projet d’ateliers d’écriture et de lecture d’image a été mis en stand-by, mais pas annulé. Nous espérons vraiment que 2020 nous permettra de le remettre en marche, mais pour ça, il faut qu’on trouve des locaux. Commencer à participer à des événements et des festivals, aussi. C’est assez compliqué à mettre en place, mais c’est un pas essentiel à franchir.
En attendant, nous allons continuer à travailler dur pour faire tourner la maison et rendre nos auteurs fiers.

 

11. Est-ce que Sylphe Rouge accepte les manuscrits ? 🙂

Nous sommes toujours ouvertes à la réception de manuscrits, mais il ne faut pas espérer une réponse rapide. Cécile et moi avons très souvent la tête sous l’eau, donc votre manuscrit se retrouvera sur la liste des « à lire » pendant peut-être plusieurs mois.

 

12. Que conseillerais-tu à un auteur qui cherche à être publié ?

  • Tout d’abord, n’écrivez jamais pour « plaire », écrivez ce que VOUS avez envie d’écrire. Un manuscrit creux qui suit un modèle préétabli ou une série de case à cocher, c’est un non. Faites attention aux conseils d’écriture et aux modèles de structure que vous suivez, si vous en suivez. Ce sont des conseils et des modèles, pas des règles à suivre à la lettre. C’est bien si ça vous aide à comprendre un système de narration ou à avancer dans votre roman, mais il ne faut pas que ça devienne une béquille. Tâtonner est un processus normal, nécessaire au bon développement de votre imagination puisque beaucoup sollicitée, et qui permet de tester par vous-même plusieurs choses, trouver ce qui vous plaît, ne vous plaît pas, ce que vous maîtrisez et ce qui vous pose problème. Ça ne sert à rien de chercher à faire un « perfect » du premier coup.
  • Dans la même lignée, évitez de prévoir à l’avance combien de tomes fera votre futur best-seller. Il fera la longueur qu’il fera, inutile de le rallonger ou de le raccourcir artificiellement. Mieux vaut deux tomes qui se suffisent et qui sont bien ficelés qu’une trilogie mal rythmée qui s’étire pour rien. Pour les plus débutants d’entre vous, je vous conseillerais même de tenter d’abord un « one-shot » afin de faire vos dents, avant de vous lancer dans un projet trop gros auquel vous ne pourrez pas forcément donner suite.
  • Évitez les polices trop fantaisistes ou esthétiques : joli ne veut pas forcément dire lisible. Pour quelqu’un qui doit lire et relire plusieurs manuscrits, c’est une plaie d’avoir une police qui ne rend pas la lecture fluide parce que trop resserrée, trop petite, trop aplatie, trop marquée, etc… Ça bousille les yeux et la patience. Choisissez plutôt des valeurs sûres telles que Arial, Calibri ou Times New Roman.
  • Idem pour les effets de mise en page, comme les cadres par exemple. Ça ne sera pas conservé, puisque la mise en page du livre ne dépend pas de vous mais de l’éditeur, donc autant vous épargner cet effort et l’effet un peu kitsch.
  • Quand vous envoyez votre manuscrit, fendez-vous toujours de quelques lignes de présentation, d’un pitch de votre texte, du genre auquel il correspond le mieux et d’une précision du nombre de pages format Word. Ça permet à l’éditeur de se faire une idée rapide de qui vous êtes, ce que c’est, et combien de temps il devra à peu près consacrer à votre manuscrit.
  • RENSEIGNEZ-VOUS toujours sur ce que la maison publie et à qui vous l’envoyez. C’est un effort minime qui vous épargnera beaucoup de stress et un refus cinglant parce que vous n’avez pas vérifié la ligne éditoriale de votre destinataire.
  • Et là on arrive au point que, si vous êtes un jeune auteur qui n’a encore rien publié, je vous supplie de lire : méfiez-vous toujours des MAISONS ARNAQUES. Ce sont des maisons à compte d’auteur caché (compte d’auteur : payer pour être publié), pour l’essentiel d’entre elles.

L’édition à compte d’auteur n’est pas un problème tant que la maison d’édition le déclare et que vous avez parfaitement conscience de ce que ça veut dire en passant par elle.
Les maisons arnaques, ce sont celles qui ne le mentionnent pas, et profitent souvent de la mention « premier roman » pour vous mettre le grappin dessus.
Elles vous demanderont une « participation aux frais » pour imprimer votre livre, ou encore auront une clause après publication qui vous obligera à en acheter un certain nombre d’exemplaires. Attention, souvent ils n’en parlent qu’après signature du contrat (nous y reviendrons).

D’autres insisteront sur leur site sur la « gratuité » de ce qu’ils proposent. Mais ont souvent des services « optionnels » payants (car une couverture est bien sûr optionnelle, n’est-ce pas).

Dans une maison d’édition normale, vous n’avez rien à payer, retenez-le car c’est la base. En tant qu’auteur, vous n’êtes pas un client, vous êtes un collaborateur. C’est d’ailleurs pour ça qu’une maison sérieuse n’accepte pas tous les manuscrits qu’on lui envoie ; prenez en compte que c’est elle qui prend les risques financiers en publiant votre livre, et que s’il fait un flop, c’est elle qui va dans le mur.

Ces mêmes maisons ne feront d’ailleurs aucun effort de diffusion ou de distribution, si déjà le livre est imprimé. Ils se sont fait le fric qu’ils voulaient, pourquoi le perdre en diffuseur-distributeur et en remise libraires ?

En bref, si on vous demande de payer d’une manière ou d’une autre, qu’importe comment c’est présenté, c’est du compte d’auteur. Renseignez-vous bien avant d’envoyer votre manuscrit, cherchez des retours et témoignages hors site, et si une maison vous répond quasiment dans la semaine (réponse positive, j’entends), méfiez-vous. Une semaine pour lire un manuscrit, le faire passer en comité et choisir de prendre le risque de l’accepter, ça sent le sapin.

  • Pour finir, un point important : lisez toujours vos contrats de A à Z. Si déjà votre pourcentage, pour un roman, est proposé en-dessous de 7%, on se paie votre tête. Sachez que vos droits d’auteurs sont négociables !
    Ensuite, cherchez les clauses qui cacheraient une des entourloupes précédemment démontrées. Enfin, si vous ne comprenez pas quelque chose, demandez. Ne vous laissez pas intimider ni impressionner, ne prenez pas de risques.  Si votre interlocuteur ne sait pas, ça arrive, on est éditeur, pas juriste. Néanmoins, vous êtes alors en droit de demander à faire lire le contrat par un professionnel extérieur (si vous en avez un dans votre entourage, c’est le top). Une maison qui essaiera de vous faire signer le contrat mordicus le jour même, sans vous laissez le temps de réfléchir si besoin ou de le faire vérifier si vous avez des doutes, ça n’est pas bon signe. Si par ailleurs votre interlocuteur essaie d’éluder vos questions ou d’attirer votre attention sur autre chose sans vous apporter de réponse, idem.

Voilà, j’espère que ces conseils seront utiles à certains d’entre vous !

 

13. Et que conseillerais-tu à quelqu’un qui voudrait monter sa maison d’édition ?

Ne le faites pas en solitaire. Une maison d’édition, c’est un énorme travail, qui nécessite du monde. Avant de parler autour de vous de ce que vous voulez faire, trouvez quelqu’un avec qui le faire, sinon vous serez les premiers déçus quand vous ne pourrez pas tenir vos engagements. Evaluez la quantité de travail bien en amont, et ne vous surestimez pas. Je n’argue pas que vous n’êtes pas capable de gérer sur plusieurs fronts, mais d’expérience, n’essayez jamais de tout porter par vous-même. Votre santé physique et morale risque de vraiment en pâtir. Déléguez, mettez de côté, et quand le besoin se fait sentir, respirez un bon coup.

Dans la même veine, ne cherchez pas à aller trop vite en besogne. Parfois il faut savoir reculer, retarder, prendre le temps qu’il faut pour bien faire plutôt que de faire trop vite et devoir rattraper ensuite.

Et soyez honnêtes.

 

14. Enfin, quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

« Pourquoi tu ressembles à un hérisson ? » Non, je plaisante.

Peut-être « quelles sont tes passions ? ». Les gens ont tendance à s’imaginer que ma vie ne tourne qu’autour des livres et de l’écriture. Bien sûr, j’adore ça, mais pas que. Je suis également une passionnée de dessin et de jeux vidéo. Je dessine depuis bien plus longtemps que j’écris et ça m’est au moins autant nécessaire, bien que je n’en ferai jamais mon métier. Pour le jeu vidéo, c’est un art extrêmement complexe qui me fascine profondément. Beaucoup d’auteurs et de réalisateurs auraient des leçons à en tirer en termes de conception d’univers, de mise en place d’ambiance, de création de personnages, voire de narration. Je pense que c’est très important pour tout artiste, quel que soit le domaine, de varier ses sources d’inspirations et ses médias créatifs. Sinon on s’enferme dans nos acquis et notre zone de confort, et c’est bien dommage !

Voilà, désolée, je suis plutôt bavarde avec un clavier. Merci beaucoup à ma super autrice pour cette interview, et si vous avez des questions qui vous viennent, n’hésitez pas à me contacter !

 


 

Je remercie très sincèrement Yseult de m’avoir accordé cette interview tout à fait exclusive et passionnante ! Et je vous laisse deviner le plaisir qu’il y a à travailler avec une éditrice aussi soucieuse de ses auteurs 🙂

J’espère que cela vous aura éclairés sur le métier d’éditeur, sur les conseils à retenir pour être publié, et sur la maison particulière qu’est Sylphe Rouge.

Pour suivre leurs actualités ainsi que les dernières parutions, vous pouvez retrouver Yseult et son associée Cécile Grenier sur le site de la maison d’édition ou sur leur page Facebook.

N’hésitez pas à réagir en commentaire, je transmettrai vos questions !

 

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7 commentaires sur “Interview : Yseult Gouachon, éditrice

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  1. Je trouve ça très chouette d’avoir donné la parole à Yseult, et de pouvoir en apprendre plus sur son parcours par la même occasion 🙂 Je suis vraiment très très admirative de tout le boulot qu’elles ont abattu pour monter Sylphe Rouge – et de tout ce qu’elles continuent d’accomplir pour la faire vivre !

    C’est aussi une très bonne façon d’humaniser un peu l’édition. Je suis d’accord avec Yseult lorsqu’elle souligne que cet univers peut sembler très effrayant vu de l’extérieur, on devrait travailler justement à créer ou maintenir un peu plus de lien entre le monde de l’édition et celui des auteurs/lecteurs – l’interview y contribue d’ailleurs !

    Aimé par 1 personne

  2. Merci à toutes les deux pour cette interview ! C’est très intéressant de voir le point de vue d’une éditrice (bizarrement les auteurs/trices sont beaucoup plus bavards sur Internet^^)

    Aimé par 1 personne

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