Antidote, la Rolls des logiciels de correction

[Bon, je dis ça, mais je n’ai pas testé d’autre logiciel de correction à vrai dire ^^ Promis, je n’ai pas été payée pour leur faire de la pub]

Je dois avouer que pendant longtemps, j’ai considéré Antidote avec une vague curiosité mêlée d’orgueil. On me disait que c’était un très bon correcteur et je pensais seulement : « Oh mais j’en ai pas besoin, je suis bonne en français, je ne fais quasiment jamais de fautes d’orthographe ou de grammaire. »

Oui, aujourd’hui je le reconnais : je me croyais trop bien pour Antidote. Sweet summer child que j’étais.

Antidote : la Rolls des logiciels de corrections pour écrire un roman

Finalement, comme je travaillais sur les corrections finales du Page de l’Aurore et que je voulais être sûre d’en faire le meilleur texte possible, j’ai craqué. J’étais particulièrement intéressée par l’analyse statistique qu’Antidote permet de faire sur un texte, comme je vous l’ai présentée dans mon article sur les résultats du Camp NaNo de juillet.

Utiliser Antidote : le Correcteur

Le Correcteur est bien sûr l’outil le plus connu d’Antidote. Pour l’utiliser c’est simple : un onglet « Antidote » s’ajoute dans les menus de Word une fois qu’on a installé le logiciel, et permet de lancer l’analyse sur le contenu d’un document. Je n’ai pas testé ce que ça donnait sur d’autres logiciels de traitement de texte.

La première utilisation peut faire peur car Antidote relève des MILLIERS d’alertes et d’erreurs (ou en tout cas, ce qu’il croit être des erreurs). Le Correcteur analyse le texte selon 3 prismes : Langue (orthographe et grammaire), Typographie et Style.

L’analyse de la Langue va identifier les erreurs, les incohérences (des mots pour lesquels plusieurs orthographes sont acceptées mais qu’il vaut mieux harmoniser sur l’ensemble du texte, comme « interpeler » / « interpeller »), les mots inconnus, les ruptures (des phrases dont la construction est mal comprise par Antidote et qu’il n’arrive pas à analyser) et les simples alertes. Contrairement aux erreurs, les alertes sont des points sur lesquels Antidote attire l’attention mais qui peuvent être tout à fait correct. Par exemple, l’usage de mots anciens, de régionalismes, l’utilisation ou non de majuscules pour les points cardinaux, etc.

Comme j’écris de la fantasy, j’ai d’abord eu un temps d’apprivoisement pour enseigner à Antidote tous les noms de personnages et de lieux que j’ai inventés. Ou encore pour lui dire que oui, c’est normal que je mette des majuscules à tous les mots comme « Roi », « Ministre » ou « Marquise », c’est un choix que j’ai fait pour accentuer l’impression de grandeur. Ensuite, vu qu’il y a des milliers de remarque, ça prend bien sûr un certain temps pour les passer en revue.
Toutes ne sont pas utiles et il faut être concentré, car Antidote n’est après tout qu’un logiciel, et parfois il se plante. Par exemple quand j’écris « les murs tendus de vert » en pensant à du tissu vert, Antidote croit que je me suis trompée et que je voulais écrire « tendus de verre » … En revanche, d’autres remarques sont tout à fait utiles : quelques « s » et points finaux oubliés, découvrir qu’on ne dit pas « lorgner sur quelque chose » mais « lorgner quelque chose », pas « quelques temps » mais « quelque temps », pas « le soir-même » mais « le soir même », rajouter des virgules avant « mais » et « car », etc.

Je n’ai pas du tout utilisé le prisme Typographie car je n’y connais rien aux espaces insécables, je laisse cette partie-là à mon éditrice 😉

Le prisme Style était en revanche passionnant ! Le plus gros des remarques concerne les répétitions. J’ai été absolument effarée de voir le nombre de répétitions que je faisais tout le temps, et sans m’en rendre compte du tout. Pourtant, mon éditrice a l’œil pour ça et m’en a déjà repéré beaucoup. Mais le diable se cache dans les petits mots à l’air innocent : « aussi », « encore », « toujours », « autre », « petit », « aussitôt » … Ou bien « l’air de », « regarder », « sourire », « trembler ». Ou encore « plus tard », que j’avais écrit 4 fois dans un paragraphe sans m’en rendre compte malgré de nombreuses relectures (LA HONTE). Le seul contexte où j’ai laissé les répétitions tranquilles, c’était dans ma scène de bataille, car je suis bien obligée de répéter « coup », « canon », « charge », « soldats » et « épée » un certain nombre de fois.

Toujours dans la partie style, les corrections de tournures m’ont été très utiles. Antidote relève les phrases longues (le seuil est fixé à 45 mots mais peut être modifié), les cascades de compléments (les « de … de … de » ou, plus fourbe, « de … à … qui … pour … en … »), les phrases à la voix passive, les phrases impersonnelles, participales, et non verbales. Toutes ces remarques sont des alertes et non des erreurs : ces tournures ne constituent pas des problèmes en elles-mêmes, mais en avoir trop dans son texte peut le rendre pesant. Beaucoup de mes phrases longues, par exemple, étaient en fait mal construites, car je ne m’appelle pas Proust.

La phrase record comptait ainsi … 72 mots :

« C’étaient des gens de toute sorte : il y avait un vieil homme à la barbe vénérable et à la poitrine ornée d’un grand collier doré, une femme à l’allure de paysanne, un artisan qui portait une sacoche de toile et tenait par la main une petite fille au bonnet blanc, deux jeunes couples échangeant des paroles à voix basses, et une servante avec deux nourrissons endormis dans les bras. »

C’est lourd, avec en plus une tournure impersonnelle et un participe présent. Il y a beaucoup d’informations, qui en plus ne sont pas utiles car on ne revoit pas ces personnages après. Le passage a donc été transformé en :

« C’étaient des gens de toute sorte. Un vieillard à la barbe vénérable et à la poitrine ornée d’un large collier précédait une paysanne, puis venaient un artisan et une petite fille au bonnet blanc. Un jeune couple échangeait des paroles à voix basse, suivi par une servante qui tenait deux nourrissons endormis dans les bras. »

Mieux, non ?

Enfin, j’ai supprimé certaines phrases passives dans les moments où il était important de faire ressortir l’action, notamment dans la préparation du plan de bataille. Remplacer par exemple : « Il a été décidé que nous passerions par là » par « Nous avons décidé de passer par là ».

Utiliser Antidote : le Dictionnaire

Si le Correcteur n’est réellement utile que dans les phases finales de correction d’un texte, le Dictionnaire est en revanche un outil pertinent tout au long de l’écriture. C’est même un couteau suisse, qui propose dictionnaire, synonymes, antonymes, coocurrences (les mots avec lesquels celui que vous analysez est souvent employé, par exemple si vous cherchez « rutilant » Antidote vous propose « rutilant de propreté » ou « voiture rutilante »), champ lexical, conjugaison, mots de la même famille, citations comprenant le mot, étymologie, et même anagrammes. Tous ces outils sont très riches et apportent beaucoup d’informations.

Il m’est arrivé d’utiliser quelques fois le dictionnaire au cours de ma relecture, pour m’assurer que certains mots un peu pompeux ou peu courants que j’utilisais avaient bien le sens que je croyais. 

J’ai l’habitude d’avoir toujours mon bon vieux Robert des synonymes à portée de main quand j’écris, mais je dois reconnaître qu’avoir un dictionnaire des synonymes dans le même outil que le détecteur de répétitions, c’est très pratique pour trouver facilement des mots de remplacement.

J’ai trouvé la fonction « champ lexical » assez pratique à un moment où je cherchais un verbe pour illustrer l’effet du vent dans une rue. Antidote propose alors des solutions comme « fouettée par le vent » ou « balayée par le vent ».

La fonction étymologie est aussi utile quand on situe son intrigue dans un cadre médiéval-Renaissance et qu’on veut s’assurer que certains mots existaient déjà à l’époque (j’ai eu notamment un doute sur « magasin », et il me semble que je ne l’ai pas retenu).

Antidote est donc un outil extrêmement complet qui m’a beaucoup aidée dans mes corrections, et je pense qu’il me reste encore pas mal de subtilités à découvrir (je viens par exemple de me rendre compte qu’on pouvait lui demander de ne pas relever certaines erreurs dans les dialogues, pour les cas où certains personnages ont du mal avec la syntaxe). Si vous connaissez d’autres astuces d’utilisation, n’hésitez pas à les partager !

 

Bon courage à tous ceux qui reprennent le travail aujourd’hui ! Au revoir chères vacances, je vous aimais bien …

 

Crédits image : Site d’Antidote

14 commentaires sur “Antidote, la Rolls des logiciels de correction

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  1. Je pensais déjà à me l’offrir mais tu m’as convaincue. Je vais le demander au Père Noël ! (si je ne craque pas avant pendant ma phase de prise en compte des retours de mes bêta-lecteurs le mois prochain…)

    Aimé par 1 personne

  2. J’aime bien Antidote, même s’il relève souvent des erreurs qui n’en sont pas et qu’il semble avoir beaucoup de mal avec ma façon de ponctuer mes phrases. Clairement, une fois corrigés les anglicismes, incohérences et fautes de frappe, l’aspect le plus utile du correcteur fut pour moi aussi les répétitions! J’étais passée à côté de beaucoup d’entre elles, et mes lecteurs aussi… J’ai fait une utilisation intensive du dictionnaire des synonymes!

    Par contre, je n’arrive pas à paramétrer correctement Antidote. J’ai modifié sa sensibilité aux anglicismes et aux niveaux de langue, mais pas moyen de trouver comment lui faire ignorer certains mots (les noms des personnages, par exemple) ou certaines fautes (typiquement, les majuscules aux noms communs). Je trouverai sans doute de l’aide sur internet, mais je trouve cet aspect d’Antidote peu ergonomique et intuitif :/

    Je n’ai jamais utilisé d’autre correcteur non plus, donc impossible de comparer l’efficacité et la simplicité, mais mes soucis de réglage mis à part, je suis très contente d’Antidote 🙂

    Aimé par 1 personne

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